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Le couvent des trinitaires de Sarzeau

Lettre de sauvegarde du roi Charles IX en faveur des trinitaires de Sarzeau, 1572. Archives départementales du Morbihan, 56 H 4

Le fonds du couvent des trinitaires de Sarzeau (1394-1790 ; 1 mètre linéaire) est désormais classé et consultable en salle de lecture sous les cotes 56 H 1 à 65.
Bien que lacunaire, les archives de ce couvent apportent un éclairage sur la vie de l’établissement du 14e siècle à la fin du 18e siècle, avec en premier lieu des documents liés à son organisation générale tels que des titres de fondation - dont une par Anne de Bretagne en 1512 - ou encore des documents liés aux privilèges et aux devoirs incombant aux trinitaires. Parmi ces derniers, plusieurs procès-verbaux de descente au couvent aux 16e et 17e siècles sont particulièrement riches en informations : identité des religieux, célébrations des messes, mobilier, obligation d’accueil des pauvres et tenues de lits à l’hôpital du couvent, etc. D’autres documents ont trait aux rapports du couvent avec l’ordre des trinitaires - et notamment la difficile introduction de la réforme de l’ordre dans le couvent au 17e siècle -, à son fonctionnement et à ses biens sur la presqu’île de Rhuys.
 

L’histoire du couvent en bref

Les trinitaires, dont la vocation principale est de recueillir les aumônes des fidèles pour racheter les chrétiens captifs en terre étrangère, s’établissent à Sarzeau en 1341 à l’appel du duc Jean III. Ce dernier installe, en effet, un hôpital dans le bourg de Sarzeau, doté d’une rente annuelle de 200 livres et confié à quatre religieux de l’ordre de La Trinité. Ces derniers jouissent de dîmes dans les paroisses de Sarzeau et Saint-Gildas, du droit de prendre du bois de chauffage dans la forêt ducale de Rhuys et d’y faire paître les bêtes du couvent, du droit de mouture immédiate dans les moulins du duc ainsi que du droit de pêche dans ses étangs. Une autre rente annuelle vient s’y ajouter en 1512, date à laquelle Anne, reine de France et duchesse de Bretagne, fonde une messe hebdomadaire moyennant une rente de 10 livres pour compenser les torts que les trinitaires disent avoir subi lors de la réformation du domaine de Rhuys. Le siècle suivant est marqué par la réforme de l’ordre de la Trinité, introduite avec difficulté dans le couvent de Sarzeau en 1642. Un autre hôpital est par ailleurs fondé à Sarzeau en 1667 par le recteur Vincent de Sérent, abandonné puis remplacé par un second établi par Pierre de Francheville en 1724 et confié aux filles du Saint-Esprit ; celui-ci entraîne peut-être une fermeture de l’hôpital des trinitaires dans le courant du 18e siècle.
À la Révolution, le couvent des trinitaires de Sarzeau compte toujours quatre religieux et est saisi comme bien national. Les demandes faites à l’administration révolutionnaire par la municipalité de Sarzeau en vue de conserver au couvent sa vocation initiale – soit en continuant d’accueillir des trinitaires, soit permettant aux municipalités du canton d’y tenir un hôpital et un atelier de charité – ne sont pas retenues. La vente du mobilier débute ainsi le 15 avril 1791. La maison des trinitaires, son église et ses dépendances sont quant à eux vendus entre 1791 et 1799 à Jean-Claude Valet et divers autres particuliers. Le couvent retrouve sa vocation religieuse un demi-siècle plus tard : avec son enclos et son église, il est acheté en 1847 par les Pères de Picpus, qui y tiennent une maison d’étude pour leurs théologiens, un collège secondaire puis une école apostolique.
 

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