L'état civil en ligne est rétabli. Merci pour votre patience.

  • Archives

Château et dépendances

Lettre de M. de Talhouët adressée à sa future belle-mère, Yvonne-Josèphe de Kerret, afin d'obtenir son consentement pour épouser sa fille, 1771. Archives départementales du Morbihan, 125 J 67

Les archives départementales du Morbihan viennent de publier l’inventaire du fonds de château de la Ville-Quéno (Quelneuc-Carentoir). D’une petite volumétrie - 3,5 ml. – et couvrant une large période (1384-1955), le fonds est cependant d’une grande richesse. Pas moins de quatre chartriers composent le fonds : 

  • •    le chartrier de la famille de Talhouët qui comprend les papiers des membres de la branche de Bois-Orhand depuis François de Talhouët, gouverneur de Redon, jusqu’Henri-Marie-Érasme de Talhouët ;
  • •    le chartrier de la famille du Bouëxic de Guichen comportant les documents de la famille et de ses alliés (familles Blohio, de La Jaille, Kerret…), ainsi que ceux liés à la gestion de la seigneurie de Guichen et d’autres biens situés en Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor ; 
  • •    le chartrier Grimoüard qui contient essentiellement des papiers relatifs aux familles alliées aux Grimoüard (familles Mothais et Béry), ainsi que ceux attachés à leurs possessions en Vendée et dans les Deux-Sèvres ;
  • •    le chartrier Delahante constitué uniquement des papiers de la famille Delahante et alliées (familles Le Vasseur de Villeblanche).

Le fonds éclaire sur le parcours de la famille de Talhouët au fil des siècles et au gré des alliances. Il relate la trajectoire de la famille dans la longue durée, son ancrage territorial, économique, politique, sociétal, son réseau d’influence. On entre notamment dans l’intimité familiale avec la correspondance.
Ce fonds documente aussi la vie du château de la Ville-Quéno. Inventaires, procès-verbaux de travaux, plans illustrent l’évolution de la demeure.
Enfin, il renseigne sur les territoires, les nombreuses seigneuries affiliées aux Talhouët et à ses alliés.
 

Un travail minutieux de pièce à pièce

Le classement de ce fonds a nécessité un dépouillement exhaustif de toutes les liasses existantes. Le fonds était en grande partie à l'état de vrac. Il a donc fallu procéder à la reconstitution, dans la mesure du possible, des ensembles initiaux. À ce souci d'intégrité, s'est ajouté celui de rendre le fonds le plus compréhensible possible pour les chercheurs.  
Pour chacun des chartriers, sont distingués les papiers de la famille, des documents liés aux seigneuries. Les documents familiaux sont ensuite ordonnés par branche familiale,  les familles alliées étant présentées dans l’ordre chronologique des alliances. Les documents liés aux domaines sont classés par type de document : seigneuriaux, féodaux, fonciers, etc.
Par ailleurs, pour rendre le fonds plus accessible et compréhensible, tableaux généalogiques et schémas présentent les propriétaires successifs des seigneuries en indiquant également les différentes alliances familiales nouées au cours des siècles.
 

Un chartrier ?

Les archives départementales du Morbihan conservent une cinquantaine de chartriers. Ces ensembles de documents très divers constituent bien souvent, comme c’est le cas pour le fonds du château de La Ville-Quéno,  les archives de familles nobles. Leur constitution se fait par étapes, au gré des alliances familiales et des transactions immobilières. Et si la vocation originelle de la conservation de ces archives - surtout justifier de droits, de sources de revenus ou de dispenses - s’y exprime nettement, les papiers plus personnels ne sont pas pour autant exclus.
 

Le château de La Ville-Quéno 

Le château de La Ville-Quéno a été construit au cœur d'un domaine agricole de l'ancienne paroisse de Carentoir par la famille de Talhouët, seigneurs locaux présents dans la région dès le 14e siècle. Le corps de logis ancien et les communs datent du 17e siècle. Jusqu'à la fin du 18e siècle, le lieu est constamment habité puis connaît un temps d'abandon relatif. 
En 1888, Henri de Talhouët épouse Marie-Marthe Roullet de La Bouillerie. Celle-ci dispose de fonds importants qu'elle investit dans la rénovation du manoir. Le château redevient alors le lieu de résidence privilégié de la famille de Talhouët.
 

Joseph-Marie-François-Louis de Talhouët

Conseiller en 1770 puis président à mortier au parlement de Bretagne en 1776, le marquis de Talhouët fut le premier maire de Rennes. 
À sa mort, un inventaire est dressé par des notaires afin d’établir la liste précise de tous les biens meubles du défunt conservés dans ses différentes résidences. Cette opération, qui donne lieu à un gros cahier relié, se déroule sur plusieurs jours. Le moindre objet est répertorié : ustensiles de cuisine, tapis, rideaux, tables, chaises, literie, vêtements, bijoux, armes, son importante collection de tableaux, sa grande bibliothèque et ses archives. Le dossier de gestion successorale conservé sous la cote 125 J 75 est remarquable par son volume et son contenu.
 

Retour en haut de page