Le Département du Morbihan dans le cadre de sa politique éducative à destination des collégiens et de sa politique culturelle souhaite faire découvrir et susciter l’intérêt des plus jeunes et du grand public pour les lieux du patrimoine de proximité comme le site départemental de la Colonne des Trente.
Grâce à un projet d’éducation artistique et culturelle, les collégiens découvrent et étudient en pluridisciplinarité ce lieu. En s’appropriant son histoire, ils appréhendent mieux le territoire sur lequel ils vivent.
Le Combat des Trente
Aux 14e et 15e siècles, le Royaume de France et le Duché de Bretagne, territoires indépendants, sont secoués par des crises de succession.
En 1328, en France, En France, l’accession de Philippe de Valois au trône en 1328, au détriment d’Édouard III d’Angleterre, déclenche la guerre de Cent Ans (1337-1453).
Au même moment, la Bretagne se déchire lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364). Deux clans s'affrontent pour le titre ducal : les Blésistes (menés par Charles de Blois, soutenu par la France) et les Montfortistes (menés par Jean de Montfort, soutenu par l'Angleterre).
Le Combat des Trente s’inscrit dans ce double contexte. Il oppose le chevalier blésiste Jean de Beaumanoir, capitaine de Josselin à Robert Bemborough, chevalier monfortiste qui tient Ploërmel. Ce dernier est alors connu pour ses exactions auprès des paysans. Pour faire cesser ces pillages qui perturbent l’ordre féodal (les paysans ne pouvant plus travailler aux champs), Beaumanoir appelle son rival au combat.
Le 26 mars 1351, une trentaine d’hommes de chaque camp se retrouvent au chêne de Mi-Voie, situé à égale distance entre Josselin et Ploërmel. Le combat est rude, plusieurs morts sont à déplorer dont Bemborough. Les Blésistes remportent le combat. Malgré cette victoire symbolique, le conflit global ne s'achève qu'en 1364 à la bataille d’Auray. Le fils de Jean de Montfort devient alors le duc Jean IV, une légitimité entérinée par le traité de Guérande en 1365.
La Colonne des Trente
Le Combat des Trente (1351) bien que n’ayant pas eu un impact décisif sur la guerre de Succession de Bretagne marque la mémoire bretonne qui exalte la vaillance des combattants bretons et l’esprit chevaleresque dans un contexte alors anglophobe.
Sur les lieux, le chêne de Mi-Voie, témoin de l’évènement, symbolise dans un premier temps le souvenir du combat. À sa disparition, une croix est érigée, nommée « Croix de la bataille des Trente ».
Il faut attendre la Restauration (1815-1830) pour que le projet d’un monument commémoratif émerge. Pour la monarchie c’est l’opportunité de promouvoir le régime, en glorifiant la valeur militaire de l’aristocratie bretonne. La demande est faite par le conseil d’arrondissement de Ploërmel, soutenue par le Conseil général et le préfet du Morbihan, le comte de Chazelles.
En 1819, la première pierre de l’obélisque est posée donnant lieu à une cérémonie et, le 6 juillet 1823, le monument est inauguré en grande pompe. Seuls y figurent le nom des combattants blésistes. En 1828, deux pavillons sont ajoutés à l’ensemble afin de loger les deux gardiens du site. Au début du 20e siècle, les sapins plantés originellement sont abattus et remplacés par un nouvel aménagement paysager tandis qu’une clôture est construite afin de préserver le site.
Jusqu’à la première guerre mondiale, le site est reconnu comme un lieu de mémoire militaire. Les soldats, de passage dans la région, s’arrêtent au monument pour y rendre leurs honneurs. C’est un lieu aussi de réunions publiques où se tiennent les comices agricoles. La colonne est également référencée dans les circuits touristiques comme un site incontournable. Enfin, la légende liée au combat alimente de nombreuses œuvres littéraires et artistiques. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1933, le site tombe cependant doucement dans l’oubli à partir du milieu du 20e siècle. Aujourd’hui, il conserve assurément une forte valeur historique et patrimoniale.
Les chevaliers de demain
Après une phase d’expérimentation durant l’année 2024-2025, le projet est reconduit et enrichi en 2025-2026. Une soixantaine d’élèves de 5e du collège Beaumanoir (Ploërmel) et du collège Max Jacob (Josselin) se sont associés pour y participer.
Une immersion au cœur du 14e siècle
Tout au long de l'année scolaire 2025-2026, ces jeunes historiens en herbe ont exploré les coulisses du Combat des Trente, bataille légendaire survenue en 1351 en pleine guerre de Succession de Bretagne.
Plusieurs temps forts ponctuent l’année scolaire afin de répondre aux objectifs suivants :
- s’approprier l’histoire de ce lieu,
- acquérir des notions d’histoire de l’art
- développer des compétences langagières orales et écrites.
Le 30 janvier, l’ensemble des classes participantes se sont rendues aux archives départementales du Morbihan pour le lancement du projet. Quatre activités étaient programmées :
Présentation de l’histoire du Combat des Trente et de la Colonne.
Initiation à l’équipement et à l’armement d’un chevalier du 14e sc.
Initiation à la paléographie.
Visite des coulisses de ce lieu de conservation de la mémoire des Morbihannais
Les collégiens travaillent le thème du projet dans une démarche pluridisciplinaire. Ils étudient ainsi en français le roman médiéval, en histoire le Moyen Âge et en arts plastiques ils s’initient à l’héraldique et à l’enluminure.
Les élèves se préparent en amont, en classe, à la dernière étape. Rassemblés par équipe, ils travaillent sur une devise et un blason.
Afin de préparer la journée du rassemblement final, chaque classe bénéficiera de l’intervention d’un artiste slameur afin de travailler l’écriture, la diction et le vocabulaire qui seront utilisés dans le cadre des joutes orales poétiques.

Le grand défi du 22 mai : "l'adoubement" par l'épreuve
Pour clore cette aventure, les collégiens se retrouveront "en lice" à Guillac. Pas de combat sanglant ici, mais une série de cinq épreuves thématiques conçues pour tester leurs vertus chevaleresques :
- L’archerie pour l’adresse ;
- L’escrime pour l’honneur ;
- La battle de compliments pour cultiver l'art de la courtoisie ;
- Un escape game pour mettre à l'épreuve le courage ;
- L’apothicaire pour encourager la générosité.
L'esprit d'équipe avant tout
À l'image du monument qui commémore ce fait d'armes, l'objectif de cette journée est de valoriser le patrimoine local tout en soudant les élèves autour de valeurs communes. Fidèles à l'esprit de la chevalerie, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu : le succès sera collectif, célébrant la fierté d’avoir relevé ensemble ce défi.
Chiffres clés
2 collèges
3 classes de 5e
57 élèves



