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Inauguration de la préfecture

Le 23 août 1865, de nombreuses personnalités politiques locales se réunissent à Vannes pour inaugurer la nouvelle préfecture du Morbihan. La cérémonie s’achève lors « d’un bal des plus brillants » et vient mettre fin à cinq années durant lesquelles le préfet est resté sans locaux.

Le 30 décembre 1859, un des murs de la préfecture vient de s’effondrer, provoquant la mort de deux postillons. La préfecture est alors installée dans l’ancien manoir épiscopal de La Motte situé à l’emplacement de l’actuelle rue Émile Burgault. Le bâtiment, construit au 17e siècle, était devenu vétuste et faisait l’objet de nombreuses consolidations jusqu’au fatal accident. L’expertise de l’architecte dépêché par le ministre de l’Intérieur est sans appel, il faut raser l’édifice.

Les autorités départementales choisissent le faubourg de Saint-Patern pour l’implantation du futur édifice. Ce dernier est inclus dans un plan s’ensemble qui comprend : le percement d’une nouvelle voie vers la gare, l’implantation de la nouvelle préfecture à la place de l’ancien enclos des Dominicains après la démolition du monastère et de la chapelle, et la création d’une nouvelle rue (plus tard baptisée Alain-le-Grand).

Émile Amé, l’architecte départemental, dresse les premiers plans de la nouvelle préfecture. Le suivi des travaux sera assuré par son successeur, Léopold Hawke. Le bâtiment allie fonctionnalité et esthétique en étant richement décoré. Le fronton extérieur évoque ainsi d’illustres figures bretonnes telles Nominoë ou encore Alain Barbetorte tout en s’inscrivant parfaitement dans le style Louis XVIII. La préfecture est également entourée d’un parc de cinq hectares dont la géométrie dessinée par Louis-Sulpice Varé s’inspire des jardins à l’anglaise.

L’œuvre, dans son ensemble, est plus que bien reçue par les Vannetais comme semble en témoigner le journal Le Courrier de Bretagne : « Le nouveau bâtiment est un beau et riche palais, que peuvent envier bien des villes de premier ordre, et les magnifiques salons où s’est donnée la soirée du 23 août, montrent que les dispositions de l’intérieur répondent dignement aux promesses de l’extérieur. Tout est grand vaste et confortablement aménagé et disposé avec une parfaite entente de la destination ». Neuf ans plus tard, lors d’une visite officielle, le président de la République Mac Mahon aurait même déclaré que le bâtiment est « plus beau même que l’hôtel de la présidence à Versailles ».

Les décennies suivantes, l’hôtel de la préfecture connaît quelques modifications. Ainsi, en 1922, un bâtiment est construit pour y accueillir les Archives départementales. Sous l’Occupation, alors que les Allemands en font leur Feldkommandantur, certains salons sont cloisonnés sans pour autant altérer l’esthétique. Le monument obtient son inscription au titre des monuments historiques en 1975.

Le seul inconvénient de l’hôtel de la préfecture est son étroitesse qui ne permet pas d’accueillir des services de plus en plus nombreux tout en hébergeant le Conseil général. Après 20 ans de réflexion, est validée la construction d’une nouvelle préfecture quelques dizaines de mètres plus loin, rue Saint-Tropez. Alors que les travaux commencent en 1980, le chantier est rapidement bouleversé par une loi de 1982, loi sur la décentralisation. Cette loi accordant alors plus de compétences aux conseils généraux, la nécessité d’un bâtiment dédié s’impose. Le ministre de l’Intérieur décide en conséquence d’affecter les bâtiments rue Saint-Tropez au Conseil général. Le préfet reste, quant à lui, dans l’hôtel construit 120 ans plus tôt. Les locaux sont cependant entièrement rénovés et modernisés.

Sources consultées

  • JO 22. - Le Courrier de Bretagne, 14 janvier et 26 août 1865.
  • JO 238. - Ouest-France, 14 mars 1984.
  • 2012 W 240. - Préfecture - Bureau du cabinet. Portes ouvertes des monuments historiques et journées du patrimoine : correspondance, photos, dépliants, notes, copies d'archives et coupures de presse.
  • N 771-778. - Préfecture de Vannes, 1861-1940.

C'est un sculpteur de Saint-Nazaire, Lemerle, qui se voit confier la réalisation des frontons des façades sur cour et jardin.

"Une cartouche avec les armes de Bretagne accolées à celles de Vannes. Nominoë fut à la fois un grand capitaine, grand politique et grand roi. Alain Barbetorte [est le] digne continuateur de l’œuvre de Nominoë. Le chien et le lion symbolisent la fidélité et le courage de ces guerriers ; des filets et une coque de navire marquent leurs progrès dans le commerce maritime. La locomotive le progrès de l’industrie, un dolmen rappelle les coutumes ; pour le collier, le souvenir des fouilles du mont ST Michel en Carnac (1862)."

Extraits d’une notice émanant des services de la préfecture et décrivant le fronton côté cour. 1864. N 773

 

Un magnifique jardin

Le dessin du parc est confié à un architecte parisien, Varé, et l'exécution des terrassements et des plantations au paysagiste John Wallen, à partir de 1863.

Voir le plan du jardin.

Voir la liste des essences plantées.

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